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L’EPOPEE   DU   LYCEE  TECHNIQUE

Lycee Technique :: belle impression de l'epoque1 Image Apres la conquête de Dellys  par  l armée française en 1844 et l ´incendie de  l école de technique de (larbaa nath Irathen) fort national en 1871, les autorités décidèrent de réédifier l école a Dellys sur un jolie promontoire rocheux dominant la mer du cote ouest juste  derrière  la muraille de la ville  et a cote du cimetière.
La construction fut  confie aux ponts et chaussée et la gestion a l’armée. L’école fut inaugurée en 1880 avec seulement une vingtaine d’élèves titulaires du niveau de fin d’études primaires. Le régime était l’internat. Apres quelques décennies



l’école s’agrandit grâce à ses ateliers et après son rattachement  au ministère de l’éducation elle devint lycée. On se rappelle les années ou le lycien ne pourrait sortir en ville qu’en costume cravate et bien coiffe.

Le sérieux de l’établissement attira les élèves de toutes les contrées du territoire national et même  ce l’Afrique  subsaharienne.

Lycee Technique :: Belle impression de l'epoque2
Pour accéder au lycée, il fallait être titulaire du (BEG, BEM ou BEF) selon les reformes et avoir de très bonnes notes aux matières sientifiques. Les élèves étaient repartis selon leurs mérites en Mécanique, Froid, Électricité et Maths techniques.
Apres avoir décroche leur bac, ils pouvaient poursuivre leurs  études  soit dans le territoire national soit pour les plus doués dans les plus grandes universités du monde. On se rappelle de quelque  enseignants tels Mr Henri, Mr Millet, et Abdelaziz  Mohammed dit Sidi  Mouh .De nos jours le lycée est baptise Larbi Ben Mhidi . Maintenant malheureusement il est devenu comme tous les autres lycées car on y suit un enseignement général.


Le savoir est de beaucoup la portion la plus considérable du bonheur

Afin d’améliorer et enrichir l’histoire de notre chère Dellys et son patrimoine, plus particulièrement  son école des Arts et métiers,  nous avons avec l’aide de notre ami Hanine de Dellys , pu recueillir  l’historique de cette école délivré par un ancien élève Français à savoir Monsieur Francis POULALLION (Promo 1947- 1951) et qui a fait un passage à Dellys , durant l’année 1977 et qui a raconté …

L’ECOLE DES ARTS ET METIERS

DEVELOPPEMENT HISTORIQUE  DE SA CREATION – SCOLARITE – ET  TRADITION :

Sur un plateau, à l’Ouest, s’élève L’ECOLE DES ARTS ET METIERS.

Contexte social et économique de l’époque

En Octobre 1844, dés les derniers combats terminés pour la pacification de la Kabylie, partie poétique de notre Afrique, le général BUGEAUD faisait construire à FORT – NATIONAL, petite bourgade proche de TIZI –OUZOU, une école professionnelle dirigée par un officier du Génie le capitaine DAMARY ou le commandant AUGE (cf. selon la bibliographie choisie) pour fournir des techniciens à l’Algérie naissante.

La réalisation de l’infrastructure de l’Algérie, bâtiments administratifs, routes, voies ferrées, ouvrages d’arts, etc. était confiés à l’armée.

Certains officiers du Génie, polytechniciens, chargés de ces ouvrages, ne disposaient pas de l’encadrement nécessaire et compétent pour les construire et assurer leur maintenance. La doctrine du Saint Simonisme diffusée par BAZARD notamment auprès des anciens élèves de polytechnique avait eu un certain écho, notamment auprès des plus remarqués.

Ferdinand  de LESSEPS  qui venait d’inaugurer le 17 Novembre 1869 son canal de Suez et avait obtenu dans le cadre des accords internationaux du 16 Septembre 1864 au Liban, l’ouverture d’une école d’apprentissage des Arts et Métiers à BEYROUTH  dont la direction était confiée à la France.

Cette doctrine consistait à considérait la nation comme une entreprise individuelle, un vaste atelier ou travaillaient selon leur différence de capacité positive des ouvriers ou compagnons qu’il fallait former implicitement selon les règles de l’époque.

Cette doctrine appliquée au Liban va l’être en Algérie, en tenant en compte qu’en application de la loi du 19 Mai 1874 modifiée par celle du 02 Novembre 1892.

Tout enfant âgé de moins de 18 ans occupé dans l’industrie, le commerce en vue d’une formation  professionnelle méthodique et complète, est un apprenti.

L’apprentissage était obligatoire pour toutes les corporations et surtout pour celles rattachées aux  ARTS ET METIERS.

A partir du XVIII siècle, sous l’ancien régime, la durée était fixée à 3 ou 4 ans , de façon à initier durant cette période, l’apprenti aux secrets de son futur métier.

La formation de cadres supérieurs à l’époque était réservée à l’armée et à partir de 1843 - 1912  à des élèves âgées de plus de 18 ans avec un niveau scolaire de maths supérieures, dans quatre écoles supérieurs d’ingénieurs Arts et Métiers, situées toutes en métropoles.


HISTORIQUE DE L’ECOLE


Le 18 Avril 1871 une insurrection se déclencha dans la région de FORT – NATIONAL, l’école professionnelle se trouva pillé et incendiée.

La réédification de l’école détruite fut alors envisagée.

  • Au HAVRE, pour divers raisons évoquées par le député de cette ville, Félix – Faure, futur président de la république.
  • A PHILPPEVILLE par l’existence de casernes désaffectées signalées par le sénateur de CONSTANTINE, LESUEUR,  
    propriétaire des carrières de marbre du Fil Fila prés de PHILPPEVILLE.
  • A DELLYS qui finalement fut choisie car à l’époque cette ville était le seul centre administratif et militaire le plus
    important près d’ALGER.

Le 31 Mai 1877 une délibération du conseil municipal de DELLYS mit à la disposition de l’état le terrain nécessaire et une participation financière de 50.000 F. La construction fut confiée aux services des Ponts et Chaussées bâtiment et logement de direction, réfectoires, dortoirs, salles de cours , amphithéâtre , laboratoire avec matériel d’enseignement, vastes ateliers avec outillage, force motrice et éclairage électrique, pour assurer aux élèves par trois années d’études, une culture générale et professionnelle.


SCOLARITE

Vu le contexte et afin d’accélérer  le processus de formation des techniciens ou cadres principaux dont l’Algérie avait tant besoin, il s’est avéré nécessaire de recruter comme pour les Ecoles Normales d’instituteurs, des élèves d’un niveau correspondant au cours supérieur des écoles primaires (Brevet d’Etudes) . Le concours d’entrée comportait en supplément des épreuves habituelles de maths, français, physique et chimie, une de dessin industriel afin de discerner dans le futur

«  Conscrit » ses capacités techniques.

Les élèves ayant tous moins de 18 ans, étaient recrutés par concours et durant leur scolarité, étaient selon la doctrine indiquée ci – dessus des règles du compagnonnage et de la loi , des apprentis (compagnons) opérationnels dès la sortie de l’Ecole .

En 1880, l’Ecole ouvrait avec 23 élèves sous l’autorité militaire du commandant du Génie AUGE, cité ci - devant, qui connut, dépendant de l’intendance, des difficultés financières et ne pouvait plus poursuivre sa tache.

Par décret du 09 Juillet 1883, elle fut placée sous l’autorité du ministère du commerce et de l’industrie sous le nom d’ECOLE NATIONALE D’APPRENTISSAGE DES ATRS ET METIERS et explique l’écusson représentant une équerre et compas encerclés d’une couronne de feuilles de chêne ainsi que la chanson des

« GADZ ‘ARTS ».

Un décret du 12 Aout 1883 fixait à 60 internes l’effectif maximum (20/promo).

A la suite de l’autonomie financière accordée à l’Algérie, par décret du 21 Septembre 1900, devint Coloniale d’A.A.S.M sous l’autorité exclusive du Gouverneur Général de l’Algérie direction de l’Agriculture et du Commerce. Un décret du 22 Octobre 1905.

- fixait le nombre d’élèves internes à 120 avec scolarité de 3 ans.

- créait pour répondre aux besoins locaux un externat puis internat indigène de 30 élèves boursiers recrutés par un examen du niveau du Certificat d’Etudes.

- indiquait le personnel d’encadrement suivant :

- administratif : un directeur, un comptable, deux commis.

- de service : cuisinier et aide, personnel de ménage, infirmier.

- enseignant : cinq professeurs, dix chefs d’atelier et contremaitres pour six sections ajustage, forge, électricité, menuiserie, modelage et fonderie.

Après la guerre de 1939 – 1945 , l’appellation d’Ecole Coloniale d’industrie, dont nous n’avons retrouvé aucune référence , devint à notre avis provenir d’une décision locale du directeur ou de la municipalité , l’ensemble immobilier subissant de plus en plus les marques du temps et surtout la dégradation du matériel d’enseignement nécessitait une reprise urgente de réparation et novation qui ne pouvait être assurée par le ministère de tutelle engagé sur d’autres projets.


A la suite de nombreuses démarches d’hommes politiques , de l’Amicale fortement représentée par ses membres dans l’Administration et du nouveau directeur nommé après la guerre, en 1950 , le type d’enseignement étant conservé , l’Ecole devenait une E.N.P et était placée sous l’autorité du ministère de l’Education Nationale , attirant du même coup les crédits nécessaires.

C’était la seule école de France qui regroupait dans son enseignement en plus des disciplines d’industrie, une section d’horlogerie réservée jusque là à l’ENS de Closes. Une section de froid réservée à l’ES de Saint – Ouen et une section de Travaux Publics.

La durée de scolarité passait à quatre années. Le concours d’entrée pour les trois départements d’Algérie avec 6 à 10 centres d’examen ne prenait que des promotions de 30 à 40 élèves sur plusieurs centaines de candidats comme nous l’avons indiqué, de niveau du Brevet d’Etudes avec une épreuve de dessin industriel, matière acquise en cours  particuliers car elle ne figurait pas au programme du BE.

Des PES, lycées et collèges d’Oranie assuraient une préparation au concours ce qui explique le fort pourcentage de 50 à 70 % d’Oranais dans les promotions.

Jusqu’en 1941, le régime intérieur hérité de l’organisation militaire d’origine, comprenait des adjudants, sergents, caporaux qui assuraient par promotion le respect et la discipline.

La prison était la sanction principale et la promenade avec défilé avec fanfare en tète à la grande joie des habitants de DELLYS. Ce régime fut modifié et la discipline  confiée à un surveillant général secondé par un surveillant mais aussi par des anciens ou élèves de 4 ème année.

La scolarité pour chaque « conscrit » consistait en première année, pour les cours techniques, en un passage en atelier durant deux à quatre semaines, 4 heures par jour, successivement dans chaque section afin de déceler, en fonction des notes obtenues, la meilleure aptitude. Une préférence pouvant être manifestée dans l’éventualité de plusieurs excellentes aptitudes.

La deuxième année, la filière était définie et suivie. Le bigorneau voyait les journées d’enseignement passer avec monotonie durant deux heures d’études, quatre heures d’atelier et technologie ou il encadrait des élèves de la section indigène qui lui permettait en s’instruisant d’acquérir une pédagogie technique , quatre heures de cours et une heure de révision la nuit à la lueur d’une bougie , non imposée mais indispensable pour ne pas oublier l’enseignement du jour, ponctuée des obligations pour fournir quelques occupations aux  « bleus », des examens .

La troisième année se passait en étude, entre les anciens et les bigorneaux peu remarqués des «  Bleus » puisque les descentes s’effectuaient de nuit, et en sorties « fuite » à ALGER, l’examen de sortie n’ayant lieu que l’année suivante.

Enfin la quatrième année, devenu « ancien » se déroulait dans les transes de l’examen de sortie devenu tout proche, du choix de carrière et de la préparation du « Père cent » selon un motif  thématique longuement choisi et concrétisé en cours ou en perruque à l’atelier, avec l’aide complaisante des contremaitres et obligeante des « Bleus ».

Le « Père cent » se déroulait dans les fastes des salons de l’hôtel Beau Rivage avec diner pantagruélique, bal aux sons de l’orchestre de l’école et disparition totale des «  bleus » devenus ce jour – là, complètement invisibles, car présents ils auraient succombé sous les taches énormes de préparation qu’immanquablement les anciens leur auraient confiées.


TRADITION

Durant la première année, le conscrit surnommé « Bleu » sert à faire chauffer la colle, il était d’usage à l’atelier de menuiserie de garder la colle à bois servant à lier les ajustages, chaude, tout en la remuant, et ainsi humer le parfum qui se dégageait. Cette corvée était automatiquement réservée au premier « Bleu » qui, curieux trainait par là.

En  règle générale , son statut de « Bleu » lui donnant l’avantage d’être choisi , pendant une année pour effectuer toutes les taches imaginées par les anciens , et notamment ceux revenus de la guerre , qui ont eu l’imagination fertile , même le Dimanche pour mesurer une allumette la longueur de la jetée du port , de trainer avec une ficelle une boite de sardines dans la rue principale et danser pour les fervents bals avec « Libellule »agréable et accorte cavalière possédant une surcharge pondérale non négligeable , de passer sans rechigner , lors  des descentes nocturnes des anciens cagoulés du cirage noir ou brun sur son voisin de lit., un autre « Bleu » qui était heureux ensuite de rendre service pour ensuite dans le grand bassin de la cour pour pouvoir  se laver en chœur  et ainsi faire connaissance ,

Il avait aussi le privilège lors des retours des vacances le car de liaison gare DELLYS ayant un nombre de places insuffisant de voyager couché sur le toit , protégé par les valises et autres bagages .

C’est durant cette première année que les environs de DELLYS, CAP BENGUT, TAKDEMPT, étaient découverts, du fait que des rares sorties su dimanche prés – midi une certaine distance puisse exister entre un « Bleu » et un « Ancien » qui en principe ne sortait pas de la ville.

Une autre manière utilisée pour échapper pendant un certain temps aux obligations de « Bleu » était le foot. Les joueurs étant favorisés du fait que l’équipe de l’école sans cesse renouvelée avait acquis une grande notoriété dans le foot universitaire. La colle consistait aussi la prison n’existant plus après la guerre, à rester en étude surveillée pour des  exercices complémentaires de technologie, maths ou philo, au lieu d’aller se détendre avec les copains en promenade puis ensuite au cinéma, au billard de l’hôtel Beau Rivage, au bal du Sport Nautique ou ailleurs Cet ailleurs étant particulièrement apprécié.

La descente était effectuée par un petit groupe de Bigorneaux ou Anciens, la nuit pour assister à l’exécution d’une tache demandée à un « Bleu ».

La perruque consistait à effectuer avec le matériel de l’école, pendant ou en dehors des heures de cours, des bibelots, outils ou objets personnels, tels que petites quilles, symbole de la grande fuite, départ définitif de l’école. Les pièces particulièrement réussies, brusquement appropriées par un prof, pouvaient rejoindre les œuvres d’art exécutées depuis 1880, entreposés au musée.

Après la fuite ou départ en vacances en fin de première année , et la rentrée à l’école  la deuxième année , par la découverte puis l’assistance des «  Bleus »  , malgré une surcharge de cours, était plus supportable.

Professeurs et contremaitres, avec l’aide des compagnons, étaient mieux accepter

La chanson de l’école interprétée par les élèves musiciens privilégiés devenait plus agréable à entendre qu’en première année et plus facile à accompagner en chantant à gorge déployée durant les belles promenades  au pas cadencé du Jeudi après midi  dans les rues de DELLYS, sous le regard admiratif de la population .

Abdelhamid Khelouia

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